AnalysesGéologie

Mali, Côte d’Ivoire, RDC… gagnants et perdants de l’exploration minière en Afrique (2025)

En 2024, le budget investi dans l’exploration minière par les compagnies en Afrique s’est élevé à 1,3 milliard USD. Si ce montant a augmenté l’année dernière, la croissance a davantage bénéficié à certains pays qu’à d’autres, selon un nouveau rapport.

L’Afrique a attiré 10 % des investissements mondiaux dédiés à l’exploration minière l’année dernière, une part qui n’a pas progressé par rapport à 2024. Le montant absolu investi par les compagnies minières a en revanche augmenté de 11 % en glissement annuel pour atteindre 1,44 milliard USD, révèle S&P Global Market Intelligence dans son rapport World Exploration Trends 2026 publié en mars. Tous les pays ne sont cependant pas logés à la même enseigne.

Deuxième destination africaine des investissements dans l’exploration minière en 2024, selon un autre rapport de S&P, la Côte d’Ivoire s’est hissée sur le trône continental en 2025. Avec 186 millions USD investis dans le pays l’année dernière, la nation éburnéenne a attiré environ 13 % des investissements totaux. L’augmentation des investissements dans l’exploration en Côte d’Ivoire est l’un des derniers signaux en date d’un dynamisme plus large du secteur minier.

Stabilité ivoirienne vs tensions au Mali

Le Fraser Institute, think tank canadien qui évalue chaque année l’attractivité des juridictions minières mondiales sur la base d’enquêtes auprès des dirigeants de compagnies minières, a classé la Côte d’Ivoire au premier rang des juridictions minières d’Afrique de l’Ouest en 2025. Pour Seydou Coulibaly, directeur général des Mines et de la Géologie intervenant lors du Mining Indaba 2026 en Afrique du Sud, la stabilité politique, des infrastructures modernes et une gouvernance transparente constituent des piliers de cette reconnaissance.

À l’opposé de la dynamique ivoirienne, le Mali a enregistré en 2025 son troisième recul annuel consécutif des investissements dans l’exploration minière, et la plus forte réduction observée sur le continent. Si le rapport n’en détaille pas les raisons, ce résultat peut s’expliquer par les turbulences traversées par le secteur depuis l’adoption d’un nouveau Code minier en 2023.

Outre le relèvement de la participation de l’État dans les nouveaux projets et la suppression de certaines exonérations fiscales, la nouvelle réglementation a donné lieu à un long bras de fer entre Bamako et Barrick Mining autour du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto. Bien que le différend entre Barrick et l’État malien ait été résolu fin 2025, les tensions accumulées avec les compagnies semblent durablement peser sur la perception du pays par les investisseurs. À cela s’ajoute le maintien de la suspension de l’octroi de permis miniers, en vigueur depuis 2022.

Madagascar et la Namibie figurent aussi parmi les pays africains dont les budgets d’exploration ont reculé en 2025. Pour Madagascar, la baisse intervient alors que le pays sort d’une suspension de l’octroi de permis miniers en vigueur depuis novembre 2010. Antananarivo a annoncé en janvier 2026 la levée de cette suspension, ouvrant potentiellement la voie à une hausse des investissements dans les mois et années à venir.

L’or et le cuivre dominent

La RDC a vu ses investissements dans l’exploration minière progresser de 10 % en 2025. Même si le pays d’Afrique centrale a cédé sa première place africaine obtenue en 2024 à la Côte d’Ivoire, il profite des perspectives autour du cuivre, dont il est deuxième producteur mondial. Les budgets mondiaux dédiés à l’exploration cuprifère ont ainsi atteint 3,27 milliards USD en 2025, un record en 12 ans. Le métal rouge bénéficie d’une demande soutenue liée à la décarbonation et à l’essor de l’intelligence artificielle, précise S&P.

L’or, première cible mondiale d’exploration avec 6,15 milliards USD en 2025, constitue l’autre moteur de la dynamique africaine. Les pays dotés de réserves significatives (comme la Côte d’Ivoire et son potentiel estimé à 600 tonnes, ou le Ghana, quatrième destination africaine en 2024) sont bien placés pour tirer profit de la flambée du métal jaune. Après une hausse de plus de 60 % en 2025, son cours a de nouveau atteint des pics historiques au premier trimestre 2026. Le rapport de S&P Global Market Intelligence ne livre toutefois pas un classement exhaustif des pays africains, ce qui limite la lecture d’ensemble de la performance du continent.

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