La Côte d’Ivoire mettra 250 millions de dollars pour un nouveau terminal minéralier
La Côte d’Ivoire engage une transformation d’envergure pour renforcer son rôle de hub minier en Afrique de l’Ouest. Ce 16 juin 2025, Lagune Exploration Afrique (LEA) a signé à Abidjan un accord décisif avec le géant chinois China Harbour Engineering Company Ltd (CHEC), portant sur la construction d’un terminal minéralier, pour un montant estimé à 250 millions de dollars, soit près de 142 milliards FCFA.
Ce partenariat, scellé par Moumini Bictogo, PDG de LEA, et Bai Yinzhan, DG de CHEC, est présenté comme une étape majeure dans la modernisation des infrastructures portuaires ivoiriennes, à l’heure où les projets d’exploitation de minerais tels que la bauxite, le manganèse, le nickel et le cobalt ne cessent de se développer en Afrique de l’Ouest.
Pensé pour accueillir des navires hors gabarit et faciliter également le déchargement de clinker, le futur terminal minéralier, le second après celui en activité du port d’Abidjan, se positionne comme une infrastructure pivot pour la chaîne logistique extractive régionale. Il vise à réduire les coûts d’exportation, les ruptures de charge et les délais de transit, ciblant les projets miniers locaux, mais également ceux du Mali (lithium) et du Burkina Faso (zinc, manganèse) qui cherchent à sécuriser des débouchés portuaires stables.
Mais l’ambition va plus loin le projet s’inscrit dans une stratégie intégrée de connectivité, avec à la clé la planification d’un réseau ferroviaire et autoroutier destiné à relier les mines de l’arrière-pays et de l’hinterland aux quais abidjanais.
L’implication de CHEC, référence mondiale en ingénierie portuaire, garantit au projet une rigueur d’exécution technique et financière. Les deux partenaires ont mené, en amont, une étude poussée intégrant les contraintes bathymétriques du canal de Vridi et les exigences d’accès maritime pour les grands navires.
Pour Lagune Exploration Afrique, ce partenariat dépasse le périmètre de ses seules opérations minières. Il s’agit d’un engagement structurel pour repositionner la Côte d’Ivoire dans la compétition logistique sous-régionale.
À mesure que les projets de bauxite et de manganèse se multiplient dans la région, cette nouvelle plateforme logistique vise à faire du port d’Abidjan une place forte du commerce minier ouest-africain.
Une rude concurrence dans la région
D’une capacité totale de traitement de 12 millions de tonnes de produits en vrac par an, le port minéralier et vraquier de Bargny vient renforcer la plateforme portuaire du Sénégal, en permettant aux navires à fort tirant d’eau de charger et décharger leurs cargaisons, là où des ports comme celui de Dakar n’était plus suffisant pour satisfaire ces nouvelles normes.
La construction de la jetée offshore de 1485 mètres offre jusqu’à 18 mètres de tirant d’eau, afin de réponde aux besoins des nouveaux navires de transports dépassant les 170 000 Tm, offrant ainsi au Sénégal un rôle clé de plateforme incontournable pour le transport maritime en Afrique.
En Guinée, en plus du port de Conakry, VINCI Construction Maritime et Fluvial et Sogea-Satom (VINCI Construction International Network) ont réalisé en 2017, dans le cadre du projet d’expansion des capacités de production de la Compagnie des Bauxites de Guinée, les travaux d’extension du quai minéralier et de dragage du port de Kamsar. Cette extension du quai d’une longueur de 360 m, nécessitant le battage de 150 pieux et la mise en œuvre de 8 500 m3 de béton, a pour but de doubler les capacités de chargement des bateaux minéraliers. Les travaux se sont achevés en octobre 2017.
Pour le projet de Simandou, le port de Moribaya est en construction.
- Le port de Morébaya est situé sur la rive Est du cours supérieur de l’estuaire de la rivière Morébaya, dans la province de Forécariah, au sud de la Guinée.
- La zone d’acquisition foncière du port s’étend sur 3,44 millions de mètres carrés et la zone d’aménagement totale du port est d’environ 1,285 millions de mètres carrés.
- Le port dispose de quatre postes de chargement de barges de minerai de 12 000 tonnes chacun. Diposant d’une longueur de quai de 693 mètres, le port prévoit un débit annuel de 70 millions de tonnes de minerai de fer.
- Deux postes d’amarrage polyvalents de 8 000 tonnes, avec une capacité de traitement des marchandises générales de 2,5 millions de tonnes et une capacité de traitement des produits pétroliers de 578 000 tonnes par an.
